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Le fait que l'excellent navigateur web Firefox soit gratuit et open source ne signifie nullement que ses développeurs ne retirent aucun profit de sa diffusion et de son exploitation. Au contraire, de nouvelles entreprises s'efforcent de fournir à diverses organisations des applications basées sur Mozilla, moyennant finances. L'une des ces nouvelles entreprises se nomme Mozdev Group, Inc., et a été fondée en 2003 par Pete Collins. Elle n'emploie que sept personnes et ne fait aucune publicité, les clients potentiels venant d'eux-mêmes. Le mouvement auquel prend part Mozdev Group n'est que la partie visible de l'intérêt sans cesse croissant du monde économique pour les logiciels open source. D'ailleurs, des géants comme IBM ou des acteurs "historiques" du monde de l'Open Source comme Red Hat ont embrassé le modèle open source depuis longtemps, en vendant des services et des plates-formes destinés à être utilisés avec des logiciels dont le code source sous-jacent est accessible en ligne gratuitement, sous licence.
Il est vrai que les avis élogieux au sujet de Firefox, en particulier ceux qui concernent sa première mouture officielle, Firefox 1.0, entendus et lus un peu partout et, de toute évidence, parfaitement justifiés, sont bien de nature à favoriser la demande de travaux de développement autour des produits de la fondation Mozilla. L'enthousiasme des développeurs pour Mozilla répond, du moins en partie, à l'objectif initial du groupe open source, qui était de faire des technologies Mozilla une plate-forme pour le développement d'applications. En ce sens, la fondation Mozilla a réussi à contrer Microsoft sur son propre terrain, le géant de Redmond étant capable d'aligner une armée de développeurs indépendants qui construisent des logiciels étroitement liés au système d'exploitation Windows et à Internet Explorer.
Les développeurs de Mozilla ont créé une architecture extensible, et leur base installée croît de jour en jour. De plus, Mozilla est multi-plateforme et se trouve donc en position d'attirer une large base de développeurs. En outre, il est important de noter que le développement indépendant autour de Mozilla est grandement facilité par les termes de la licence MPL (Mozilla Public Licence) qui ne requiert pas, à l'inverse d'autres licences open source plus restrictives, que les développeurs rendent compte de leurs travaux à la communauté Mozilla.
Et cette caractéristique propre à la licence MPL n'est pas avantageuse seulement pour les développeurs de projets gravitant autour de Mozilla, mais aussi pour les clients de Mozdev Group eux-mêmes. Par exemple, Linspire, anciennement Lindows, est un des clients de Mozdev Group. Linspire implémente un correcteur orthographique que Mozdev Group a développé pour Linspire Internet Suite. Grâce aux conditions de la licence MPL, Linspire peut bénéficier d'un support gratuit de la part de Mozdev Group pour son correcteur orthographique, sans pour autant être dans l'obligation de renoncer à ses autres solutions "non-Mozdev Group" pour lesquelles il a payé.
Malgré son caractère exemplaire, la firme Mozdev Group n'est pas la seule à tirer quelque profit du navigateur open source Firefox. MozSource, une société qui gère les boutiques de produits dérivés de Mozilla et de Netscape (T-shirts, CD, etc.), va proposer aux utilisateurs de Firefox de nouveaux services, dont un support technique basé sur le Web et une extension anti-virus. Par ailleurs, diverses entreprises paient des développeurs pour que certaines versions de leurs logiciels fonctionnent correctement avec Firefox. C'est notamment le cas d'Amazon, et Nokia a investi dans Minimo (Mini Mozilla) afin de développer un navigateur pour téléphone portable. Et même AOL, qui a délaissé, pendant un temps, les produits basés sur Mozilla issus de sa division Netscape en faveur d'Internet Explorer, consacre à nouveau d'importantes ressources dans le but de rajeunir son navigateur Netscape.
Le résultat de toute cette dynamique est que les développeurs Mozilla trouvent des postes bien rémunérés sur le marché de l'emploi centré sur Mozilla, et que la demande pour de telles compétences n'est pas sur le point de se tarir, bien au contraire. Au fur et à mesure que l'audience de Mozilla s'étend, les développeurs reconnus comme contributeurs clés sont davantage susceptibles de se voir offrir des opportunités sur le marché de l'emploi que les développeurs qui ne peuvent pas se prévaloir d'une telle reconnaissance. En outre, leur rémunération sera de 5 à 15% supérieure à celle de leurs pairs moins reconnus qu'eux dans le développement Mozilla. Bien entendu, la fondation Mozilla, arguant de son statut d'organisation à but non lucratif, se défend de cette "déviation" de la vocation purement open source de Firefox.
La principale "ligne de défense" de la fondation Mozilla consiste à dire que les développeurs open source sont, avant tout, désireux d'en apprendre le plus possible sur des outils avancés, des techniques et des méthodes associées à des projets open source. Mais si, grâce à leur expertise acquise par ce moyen, ils se valorisent davantage sur le marché de l'emploi, pourquoi le leur reprocher ? Si vous faites du bon travail et qu'il est reconnu, en quoi celà est-il répréhensible ? En dépit de l'écrasante domination d'Internet Explorer, les supporters de Mozilla affirment que leurs applications et leurs services attirent les développeurs du fait de leur nature non-propriétaire. Et pour beaucoup, la nature open source de Mozilla lui procure un avantage concurrentiel certain.
Enfin, une des principales caractéristiques de l'Open Source et de Firefox est leur composante véritablement internationale, particulièrement profitable pour quiconque désire se bâtir un solide CV en vue d'être recruté par une société renommée dans le secteur IT.
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