Un standard 3D pour le Web sans plugin dès 2010 ! PDF Imprimer Envoyer
Logiciels et applications - Web et e-commerce
Par Jean-Baptiste Faure   
Samedi 08 août 2009 - 10:44

WebGLLe Khronos Group, consortium "père" de la fameuse spécification d'accélération graphique OpenGL, a révélé le 4 août dernier son projet de développement d'un nouveau standard 3D pour le Web. Fondamentalement, ce nouveau standard s'appuiera sur une API Javascript qui permettra d'afficher des rendus et des scènes 3D dans les pages Web sans recourir à l'usage d'un plugin dans le navigateur. Ce projet sera mené en collaboration avec la Fondation Mozilla, Opera et Google, ce qui laisse supposer qu'il ne sera pas qu'une vaine tentative de plus pour révolutionner Internet !

La volonté du Khronos Group d'apporter la 3D au Web s'était déjà illustrée en mars dernier quand il avait publié un communiqué conjoint avec Mozilla. À peu près au même moment, Google travaillait sur sa propre technologie 3D pour le Web, alors appelée O3D. Mais contrairement à O3D de Google, qui est un moteur de haut niveau capable de charger et d'afficher des modèles, la technologie du Khronos Group et de Mozilla emprunte une voie très différente, qui tend à exposer les fonctions OpenGL à travers Javascript. À cette époque, l'improbable convergence de ces deux approches semblait ne pas être de nature à favoriser l'émergence d'un éventuel standard 3D pour Internet.

L'annonce du 4 août indique que le Khronos Group a bel et bien l'intention d'adopter l'approche de Mozilla. Le consortium a établi un groupe de travail WebGL qui va définir un protocole Javascript pour OpenGL ES 2.0, qui sera utilisé pour développer des moteurs 3D pour le Web. Le chargement des modèles ainsi que d'autres fonctionnalités seront facilités par des bibliothèques tierces qui seront greffées sur la couche OpenGL sous-jacente. Un exemple d'une telle bibliothèque est C3DL, un framework Javascript capable de charger des modèles Collada et d'effectuer diverses tâches de haut niveau. C3DL est en cours de développement à l'Université Seneca autour du prototype WebGL de Mozilla. Pour la Fondation Mozilla, il s'agit préalablement de créer une synergie entre les développeurs OpenGL et les développeurs Web.

Google, pour sa part, s'est engagé à implémenter WebGL, mais va cependant continuer à développer sa propre technologie O3D en parallèle. Actuellement, Google est convaincu que Javascript est trop lent pour pouvoir supporter correctement la programmation OpenGL brute. Le numéro un des moteurs de recherche est sceptique quant à la capacité de WebGL de délivrer des performances suffisantes dans des scénarios 3D avec des ordinateurs normaux. De plus, Google remarque qu'OpenGL ES 2.0 n'est pas universellement supporté par le hardware, ce qui signifie de tous les internautes ne pourront pas visualiser du contenu WebGL sur leurs ordinateurs.

Mais en dépit de ce scepticisme affiché, Google ne nie nullement l'intérêt de WebGL et espère, tout autant que Mozilla et Opera, que ce projet sera mené à terme et couronné de succès. D'ailleurs, l'équipe en charge de WebGL chez Google est également en charge d'O3D. Pour Google, O3D et WebGL ne sont pas en concurrence, mais constituent plutôt des spécifications adaptées à des charges de travail 3D différentes. À terme, il serait même souhaitable que les développeurs puissent facilement utiliser O3D et WebGL simultanément.

En terme de calendrier, le Khronos Group espère publier la première release publique de WebGL au cours du premier semestre 2010. Le groupe encourage les acteurs de l'industrie et du logiciel à se joindre à lui et à contribuer ainsi à la publication des spécifications WebGL.

Source : The Khronos Group

 
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