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Tiger, ou quand OS X sème ses graines...
C'est en grande pompe qu'Apple a officiellement commercialisé la nouvelle version de son système d'exploitation ce vendredi 29 avril 18h, Mac OS X 10.4. Baptisée du doux nom de Tiger, cette version annonce la couleur : ce sera le règne de la force tranquille.
Les nouveautés sont légion, les améliorations sensibles, et tout est fait pour que l'utilisateur tombe sous le charme du gros félin. Applications revues (iChat avec sa vidéoconférence à trois utilisateurs, ou ses dix interlocuteurs pour l'audioconférence ; le finder plus véloce ; Mail 2.0 enfin digne d'un outil de messagerie de ce nom...), plus performantes, intégrant de nouvelles fonctions, bugs corrigés... Celà augure de bien des choses !
Spotlight
Que ce soit Dashboard, qui donne un accès immédiat à une série de "widgets" (sorte de mini-applications HTML) fournissant une série d'informations comme la météo, le cours de la bourse, le programme TV ou l'heure à différents endroits du monde, ou Automator, qui permet au profane de se lancer dans "la programmation" de scripts d'automatisation de tâches ("workflows"), les nouveautés du genre sont à la fois pratiques et sympathiques, malgré une certaine lourdeur sur les petites configurations pour Automator - défaut de jeunesse sans doute.
[Spotlight. Crédit Stéphane Crickx. Cliquez pour agrandir.] Mais le cœur de la révolution n'est pas là. Il se trouve en un moteur de recherche puissant, simple, et intelligemment conçu : Spotlight. Son icône, une petite loupe dans un rond bleu, ne laisse en rien présager de ce qui se cache derrière elle comme technologie, loin s'en faut.
Cet outil est tout simplement bluffant. Non dans son principe - déjà vu chez BeOS, dont un des pères travaille désormais chez Apple... - , mais dans ses implications. La perspective de l'utilisateur change du tout au tout : non seulement la recherche se fait en un clin d'œil (c'est vraiment immédiat, ou presque), mais elle se fait partout dans le système, mais aussi dans les applications maison (ou tierces, si elles ont intégré la chose), ou, plus simplement, à chaque fois qu'il faut sélectionner un fichier quelconque.
Ce moteur se base sur les métadonnées de chaque fichier, mais aussi sur le contenu desdits fichiers (grâce à des "importateurs" qui "traduisent" les données en ressources exploitables par Spotlight). Cette indexation généralisée fait des miracles : si, à la première installation du système, elle peut mettre une heure ou davantage pour indexer des données déjà présentes, laissant, dès lors, l'outil de recherche inopérant pour cette durée, l'opération est transparente par la suite. L'outil indexe au fur et à mesure que les données sont écrites, tantôt à la volée (quand vous tapez une lettre, par exemple), tantôt quand l'ordinateur peut dégager les ressources nécessaires (sur l'heure du déjeuner, pourquoi pas...).
Simple, efficace, et bien pensé. Car le tout n'est pas de retrouver un ensemble de fichiers correspondants à une requête précise - il est rare que plusieurs fichiers ne soient liés, de près ou de loin, à un mot ou un autre - il convient d'exploiter ces fichiers. Or, la présentation des résultats excelle ici. Hiérarchisation par type de fichier, par date, par personne, par lieu (l'ordinateur, ou tel ou tel disque dur...), présentation par liste, par aperçu, fonction de visualisation d'images... rendent le tout très efficace.
Vous avez dit intelligent ?
[Dossier intelligent. Crédit Stéphane Crickx. Cliquez pour agrandir.] On le comprend assez rapidement : la recherche d'un fichier donné est désormais rapide et simple. Mais ce serait injustice si je ne parlais pas d'un outil dérivé de Spotlight, les dossiers intelligents. Ceux qui utilisent iTunes comprendront rapidement le concept, car il est identique à ce que l'on peut trouver dans cette application. Qu'en est-il exactement ? Un dossier intelligent est un dossier dont le contenu est [Dossier intelligent. Crédit Stéphane Crickx. Cliquez pour agrandir.] dynamique, c’est-à-dire qu'il se met à jour en "temps réel" en fonction de ce qui se trouve sur votre disque, et sur base d'une recherche multi-critères. Autrement dit, je peux désormais grouper dynamiquement une série de fichiers dont le contenu et/ou les caractéristiques correspondent à des critères précis. Par exemple : les fichiers PDF créés aujourd'hui ayant trait à Tiger ; les fichiers liés à une commande d'un client passée cette semaine, et ainsi de suite ! Autant dire que dans un outil de messagerie comme Mail 2.0, ce genre de dossier fait merveille ! [Mail 2.0. Crédit Stéphane Crickx. Cliquez pour agrandir.]
Pas que... !
Mais Tiger n'est pas que celà, même si cette seule fonction justifierait une mise-à-jour. Tiger, c'est aussi une foule de technologies intégrées au plus profond du système, comme CoreVideo ou CoreImage, qui s'ajoutent aux déjà présentes CoreAudio ou CoreData (sorte de base de données relationnelle). Ces technologies permettent une gestion centralisée d'opérations diverses, comme, par exemple, la prise en charge par la carte graphique de filtres d'images, ou vidéo, assurant un rendu en temps réel, ou, encore, l'intégration au cœur du système (toujours) de fonctionnalités audio de base. Celà pour permettre aux développeurs de se concentrer sur des aspects autres que ceux déjà pris en charge, grâce au travail pré-mâché par la Pomme.
Que dire encore, sinon que le système est en 64bits et gère toujours les applications 32bits, et qu'il permet donc de tirer parti du processeur G5 (64bits aussi, sorti il y a de cela deux ans plus ou moins), ou, encore, que, comme à l'accoutumée, ce système donne un "coup de jeune" à des configurations plus anciennes. Là où Panther avait fait forte impression, Tiger réitère avec élégance - quoi de plus appréciable ?
Alors ?
En somme, donc, Apple met entre les mains des développeurs une série d'outils et de technologies d'avant-garde faciles à intégrer dans diverses applications, et offre à ses utilisateurs un confort accru en termes d'ergonomie ou d'expérience utilisateur. À l'heure où Microsoft peine à proposer un système moderne, on se demande encore comment le fossé, qui se creuse d'année en année, pourrait encore ne pas s'accentuer davantage !
Une version qui vaut de l'or, donc, et qui justifie largement son prix d'achat, somme toute assez modeste, de 129€ TVAC.
On attend la suite avec impatience !
Mise à jour matérielle
Tiger fut accompagné d'une série de mises à jour matérielles intéressantes, ou moins.
Les PowerMac G5, tout d'abord, avec un haut de gamme bi-processeur culminant à 2.7Ghz, un milieu de gamme à 2.3Ghz, et un bi-processeur entrée de gamme à 2Ghz, avec des cartes graphiques plus puissantes - somme toute toujours dépassées celà dit -, un SuperDrive 16x Double Layer, et des prix revus légèrement à la baisse, le mono-processeur 1.8Ghz demeurant inchangé au catalogue.
Des écrans, ensuite, moins chers : le 20 pouces part désormais pour 829€ environ, et le 23 pouces pour 1570€ environ (TVAC toujours) - le 30 pouces restant inchangé, bien entendu !
Les iMac ensuite, qui intègrent désormais 512Mo de RAM, l'AirPort et le BlueTooth 2.0 en standard (enfin !), ainsi que des cartes graphiques supportant CoreImage, avec 128Mo, ou, pour les modèles concernés, un SuperDrive supportant le format Double Layer, et des disques durs allant de 160 à 250Go, avec une option pour un 400Go.
Le eMac, enfin, qui passe à une carte graphique supportant CoreImage, et dont le disque dur varie de 80 à 160Go (de 799 à 1019€ selon les configurations).
Une série de révisions tantôt intermédiaires (les PowerMac G5), tantôt intéressantes (iMac), ou nécessaires (eMac) qui n'ont pas empêché les plus exigents d'être déçus de ne pas voir l'entreprise à la pomme proposer un PowerMac G5 bi-processeur bi-core tant attendu... La WWDC de juin serait-elle l'occasion de présenter pareil engin, ou sera-ce l'Apple Expo de Septembre qui en aura l'honneur ? On sait déjà que Steve Jobs en personne présentera la Keynote de juin : prendrait-il le risque de décevoir ? Qui vivra...
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